Hercule en minijupe

HERCULE EN MINIJUPE
-ESSAI SUR (LES DIEUX ET) L’HOMME-

*
 
Le purgatoire de l’homme

En voyageant de l’Italie à la Grèce tout en lisant le Purgatoire de Dante en parallèle avec le mythe d’Hercule, je me rendis compte que chaque cercle du purgatoire de Dante pouvait être mis en relation avec un des Douze travaux d’Hercule, et ce, dans le même ordre -des défauts se voyant réparés par les travaux en question, ainsi que dans un purgatoire, les derniers travaux de plus étant les rites d’initiation céleste.

Dans le mythe, Hercule, ayant commis un crime infâme, le meurtre de toute sa famille, se voit obligé, après l’humiliation du port de la robe -d’où le titre Hercule en minijupe- de se racheter en accomplissant douze travaux, qui font office de purgatoire (enfer – purgatoire – paradis étant tous liés dans Dante).  Donc, après avoir vaincu Géryon et pris son troupeau, ramené les pommes d’or du jardin des Hespérides, symbole du jardin terrestre, avoir enchaîné le grand chien Cerbère, gardien des enfers, le héros ayant vaincu sa condition d’homme jusqu’à celle de la mort, peut enfin rejoindre le ciel et prendre sa place parmi les Dieux de l’Olympe.

 

Or, avant de pouvoir atteindre cette étape et rejoindre les Dieux, Hercule doit se vaincre lui-même et transcender sa condition humaine en se purgeant de tous ses défauts. Ainsi, le Cercle des orgueilleux dans le Purgatoire de Dante et le lion de Némée, qu’on ne peut étrangler qu’avec ses propres mains, forment le premier couple, le lion étant symboliquement associé à l’orgueil -dont il est nécessaire de se défaire avant même de débuter tout travail sincère sur soi. L’hydre de Lerne –dont les têtes repoussent à chaque fois qu’on les coupe- s’allie à l’envie, au désir, insatiables, qu’on ne peut que couper définitivement pour avancer sur le chemin de l’offrande de soi.

 

Les Écuries d’Augias, où se sont ramassés par négligence les fumiers détestables et puants, sont à l’image de la négligence, à laquelle ne peut s’opposer que l’action dirigée. La biche de Cérynie, qu’on ne peut attraper qu’avec une agile douceur, et le Sanglier d’Érymanthe, se voient illustrer parfaitement la colère maîtrisée. L’avarice et la prodigalité sont symboliquement représentées par les oiseaux du lac Stymphale de même que par le Taureau crétois de Minos; les juments mangeuses d’hommes étant quant à elles associées à la gourmandise punie et la ceinture d’Hippolyte, cheffe des Amazones, à la luxure vaincue. Ceci n’est en fait qu’une illustration car une véritable présentation de cette théorie prendrait un livre en soi.

 

Donc, trois textes -un poème de jeunesse, un récit, et une lettre. Soit : l’énoncé, l’expliqué, l’illustré. Le poème démontrerait l’initiation nécessaire pour devenir humain, référence aux épreuves d’Hercule. Le récit présenterait une histoire légère et satirique sur la fin du monde. La lettre est le début d’un essai, une lettre qui a été envoyée au Vatican : à Benoît XVI personnellement, et qui met de l’avant François d’Assise, ce, avant sa démission qui survint quelques mois plus tard. Nous connaissons la suite.

 

S’ils ne semblent avoir ensemble aucune connection, empruntant des formes différentes, ces trois textes sont complémentaires en ce sens qu’ils mettent de l’avant la spiritualité que nous fait oublier cette faute originelle de l’homme, qui est peut-être simplement celle de s’être cru roi, d’avoir négligé la sagesse et méprisé la vie. En tant qu’humanité, collectivement surtout mais peut-être aussi individuellement, nous sommes un peu comme Héraklès, cherchant l’équilibre perdu, la joie du paradis, le sens de la vie ou la félicité, le bien-être, comme cet âge d’or promis dans le 21ème livre de l’Apocalypse qui débouche sur une ère de bonheur après l’âge de l’ignorance.

           

Ces textes sur le sens de la vie de l’homme, libérée des dogmes, permettent donc de le mettre en relation avec la montagne de chacun, l’accomplissement et le dépassement de soi afin que la planète puisse, espérons-le, devenir un jour un lieu où les enfant de coeur puissent à leur tour cultiver un sage jardin heureux.

 

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Formule magique pour devenir humain

 

 

Maîtriser l’Hydre du désir

Braver les philtres de l’amour

Vaincre les balcons du grand jour

Apprendre aimer jouer de la lyre

 

Vaincre le Lion de l’Ego

Se défaire en petites pièces

Remettre ensemble les légos

Ne garder que pièces maîtresses

 

Suivre le fil de la douceur

Et sans se piler sur le cœur 

Savoir braver même douleur

Et maîtriser même la peur

 

Dompter en soi les Sangliers

Et grosses bêtes de la colère

Nettoyer les fumiers d’hier

Et fientes atroces des oiseaux

 

Prendre le taureau par les cornes

Prendre par les cornes le taureau

Mettre un petit peu d’eau dans son vin

Mais assez de vin dans son eau

 

Faire cadeau de sa ceinture

Capter le troupeau du soleil

Faire d’étoiles éclaboussures

Retrouver le vin des abeilles

 

Savoir donner le calumet

Rester humble mais non muet

Et faire don de ses désirs

Et faire don de son sourire

 

Apprendre à marcher sur le feu

Apprendre à graver ses ravins

Savoir élever ses crapauds

Et embrasser ses Séraphins.

*

 

Lettre à l’Église

 

 

 

 

 

 

Lettre à l’Église                                                                       le 16 avril 2012

 

 

 

Cette lettre est adressée aux hommes de la part d’un messager qui pourrait très bien ne pas être écouté.

 

 

Dieu vient

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maintenant vient le temps de défricher le champ

et de récolter son fruit.

L’épouse est prête pour la noce.

Le corps est mûr.

 

Le temple sera dans un jour reconstruit

 

 

 

 

 

 

 

l’Église de l’univers

 

 

Nous, humains, nous sommes portés, parmi l’éternelle impermanence, par les vivantes coïncidences jusqu’au flot mouvant du présent.

Déchirés entre les abîmes de l’âme et les fruits du corps, l’opulence du monde et la trace que nous cherchons à y laisser, nous ne savons où chercher, parmi l’immensité de la matière et nos intérieurs labyrinthes, des résidus de lumière pour nous aider à passer par les abrupts chemins de notre vie jusqu’au trou obscur de notre finalité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et la terre tourne et nous ignorons réellement pourquoi ces planètes sont ainsi en rotation les unes autours des autres, comment cet univers est venu à naître, pourquoi nous ne faisons que passer. Et peu d’entre nous obtiennent de véritables réponses.

Pourquoi la souffrance, cette souffrance qui nous gruge, semble prendre d’assaut les plus démunis, alors que des requins s’enrichissent sur leur dos? Où est la justice, justice universelle, si justice il y a? Quelle est la promesse pour l’humanité, cette humanité qui semble gesticuler comme un aveugle se dirigeant vers le fossé, en détruisant les ressources mêmes qui la gardent en vie tout en multipliant les bouches et les excréments? Y a-t-il, pour ce monde où les pauvres restent pauvres et les riches viennent à tout contrôler, où l’injustice et les excès, l’égoïsme semblent être la loi, une fin possible?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il nous est difficile, pour nous, les hommes, qui sommes vaniteux, et centrés sur soi, de faire naître les possibilités de l’avancement dans un monde où les valeurs de partage sont le plus souvent perdues, et où l’unique valeur est devenue la liberté individuelle. Liberté absolue, qui vient remplacer toutes les autres valeurs.

Dans ce chaos où l’absurdité est souvent maître, c’est le matérialisme et la chair qui triomphent. Les chevaliers de la science et du progrès, de l’argent, font avancer le monde, des progrès qui ne servent en bout de compte, qu’à notre plus rapide et efficace destruction. Ne marcher que sur la voie du visible nous conduit dans les sentiers de l’excès. Car ce monde comporte aussi des lois invisibles, et il est temps que celles-ci soient de nouveau connues des hommes.

À ceux qui clament que la création du monde n’est que coïncidence, je réponds: en effet, le monde n’est que coïncidence. Or, dans ces coïncidences et cette chimie, il n’y a aucun hasard. Tout a une cause, tout remonte à une origine.

Ce qui fait que tout n’est pas sans sens. Le monde a peut-être été créé par le Big Bang, mais ce Big Bang est le résultat de forces qui sont en dehors de notre compréhension.

On a beau disséquer, gloser rationnellement sur l’ampleur de ces forces, nous ne comprenons pas d’où elles viennent et nous ne le saurons jamais totalement. Si nous connaissons le nom chimique des éléments, nous ignorons en fait tout d’eux, ignorant d’où ils viennent.

Il faut garder à l’esprit que toutes nos connaissances viennent des sens, alors nous ne pouvons, ultimement, aucunement leur faire confiance.

Le monde n’est donc pas sans sens. Il n’est en réalité QUE sens. Ce sens est intrinsèque, il imprègne le monde.

 

Chaque bout de matière renferme des informations et ces informations sont connectées ensemble pour former un tout, un tout qui peut parler à qui peut l’entendre, un tout qui vit. Ce tout qui imprègne les choses et qui les transcende a reçu plusieurs noms depuis l’origine du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et pourtant, nous baignons dans le réel, sans savoir ce qu’il est, avec des bouts de vérités puisés par nos angles de vision, qui n’englobent, de toute évidence, pas la totale réalité des choses. Mais qu’est-ce que la réalité des choses?

 

N’est-ce pas cela même -avec le temps, l’espace, et tous les éléments- ce qui nous a créés?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est depuis longtemps que nous percevons le lien entre la réalité et la création de l’univers et des créatures, le lien qui unissait l’homme à son environnement.

            L’homme de Cro-magnon, croit-on, pensant que toutes les choses étaient liées ensemble, a

perçu cette intérieure magie des choses, dessinant des bêtes sur des parois rocheuses pour tisser un lien spirituel avec elles. Il comprenait que tout acte, toute parole, a une portée magique.

Les Amérindiens, quant à eux, aimaient cette âme du monde dans toutes les choses de la nature.

Depuis le début des civilisations, l’homme s’est mis à adorer ces esprits devenus divinités, ces esprits représentant eux-mêmes des parties du tout.  Chaque chose du quotidien humain était ainsi comprise comme ayant sa source ailleurs. Si monothéisme et polythéisme ont souvent été opposés, ce panthéon pris dans l’ensemble de ces parties constituait un tout, l’âme du monde ou son esprit.

           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet esprit des choses, le souffle primordial, fut compris en Inde sous le nom de Brahman,  «Seigneur de tout ce qui existe» et «Verbe» (Rig Veda).

Les Bouddhistes, quant à eux, dans une quête pour faire cesser la souffrance et se libérer, suivent toujours le Dharma (la loi, la vérité, la réalité), pour atteindre le nirvana, en quelque sorte le néant premier.

            Longtemps avant notre ère, les Juifs avaient déjà développé une relation avec l’unicité. Suivirent chrétiens et Musulmans, et toutes ces églises qui se divisèrent les unes par rapport aux autres en raison de leurs dogmes et de leur compréhension du message que d’autres ont laissé.

Mais les religions ont en fait souvent perverti le message de leur principal messager et en les idolisant, ils ont mécompris leur message. Ainsi, nous avons perdu confiance dans la plupart des religions, celles-ci mettant d’ailleurs l’emphase sur des dogmes complètement vétustes et déviés du message premier, une loi pervertie pour un monde qui s’éloigne d’ailleurs du dogme avec raison pour reprendre sa chère liberté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Or, peut-on justifier aucune guerre par la religion, aucune violence sur le nom de l’Unique? Les guerres ont des raisons politiques, la spiritualité, elle, souhaite la paix dans et par le monde. Mais nous avons tué au nom de Jésus, et détruit au nom d’Allah.

Toutefois, la vérité, où est-elle? La vérité n’est pas une chose qu’on peut s’approprier. La vérité se conjugue avec le verbe être, non avoir. La vérité, c’est ce que nous sommes, c’est le monde, l’univers dans lequel nous vivons et les lois qui l’animent. La vérité, c’est tout ce qui est. Nous ne pouvons avoir la vérité.

Ces croyants, ou beaucoup d’entre eux, sont prêts à jurer de par leur religion, et parfois ont la prétention de dire que la leur est la bonne, et l’autre est mauvaise, alors que toutes mettent de l’avant l’amour et la croyance en une quelconque libération.

Dieu ne parle pas à une seule culture, à une seule race, à une seule nation. Dieu parle à tous les peuples de façons différentes, il montre à chacun différentes facettes de ce qu’il est.

l’Église, qui proclame ses dogmes sur tous les toits ferait mieux de prendre les leçons des autres révélations si elle veut se prétendre universelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi, certains disent que leurs textes sont inspirés divinement, et qu’on peut donc jurer par ces textes...

Or, s’ils sont inspirés, ils viennent néanmoins des hommes; ces écrits sont imparfaits: en plus d’avoir été changés avec le temps, ces écrits comportent des contradictions, des erreurs ou maladresses, des contes qui se sont mêlés à l’histoire.

S’ils proclament des choses lumineuses, nous ne pouvons dire qu’ils ne sont que lumière, car ce sont des hommes qui les ont mis par écrit, et ce sont par les hommes, de mains en mains, qu’ils ont été transmis jusqu’à nous.

Alors, à ce qui ne jurent que par les textes, je dis: la seule chose qui n’est que lumière, c’est la lumière elle-même.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Également, ces êtres qui sont venus éclairer les hommes, nous avons fait d’eux des Dieux alors qu’ils n’étaient que des messagers.

Jésus, contrairement à ce que l’Église proclame obscurément, était un homme, tout comme tous les hommes qui ont marché sur cette terre, avec ses forces et ses faiblesses. N’a-t-il pas souffert, comme tous les autres hommes? Ne clame-t-il pas, alors qu’il est sur la croix: «Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?», alors que s’il était lui-même Dieu, pourquoi aurait-il besoin d’appeler l’Unique?

Or, il n’y a qu’une totalité, et la totalité ne peut se donner des limites dans de la chair. Jésus a laissé venir en lui l’âme du monde et ainsi, il a parlé aux hommes, mais c’est son lien avec Dieu qui était divin, non son corps et sa chair.

Nous avons tous une part divine et une part de terre. Or, Jésus est peut-être fils de Dieu, mais si Dieu est en chacun de nous, nous sommes tous les enfants de l’Unique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et cette même église qui dit que Jésus est Dieu, je l’entends dire que Dieu est trois. Pourquoi pas sept? Pourquoi pas douze? Quelque 500 ans avant le christiannisme, Rome a élevé un temple à la triade capitoline, un Dieu père, un Dieu mère et un dieu fils. La croyance en une trinité vient de cette croyance de la Rome antique, or cette dernière ne vient pas de l’enseignement de Jésus. La trinité divine et le culte de la Vierge viennent donc de l’ancienne religion romaine.

Mais examinons seulement, qu’est-ce que la Trinité? A-t-elle sa raison d’être? Dieu n’est-il pas l’ensemble?

Entendons-nous d’abord. Le Père, c’est le le tout. Le Saint-Esprit, c’est la même chose que le Père, car le père est esprit. Le fils, c’est la création, c’est le reflet de l’âme primordiale dont nous sommes tous imprégnés.

On peut diviser éternellement l’âme du monde en autant de parties que l’on veut mais il n’en reste pas moins qu’elle ne consiste qu’en une seule et unique chose.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et que dire de l’histoire de cette église qui a abusé les hommes par soif de pouvoir et qui pervertit le message premier?

Au pape de l’Église catholique, je demande de généreusement et humblement descendre de sa chaire et d’offrir les richesses du Vatican aux pauvres de ce monde, s’il veut vraiment faire enfin sien le message du Christ.

Que dire de toute cette perversion du message de Jésus, toute cette romanisation? De ce Saint-Paul qui s’en prend aux  homosexuels, par exemple, est-ce donc là dans l’esprit d’ouverture de Jésus, celui-là qui accepte même les prostituées? Ne dit-il pas d’aimer son prochain? Et aime-t-on vraiment celui-là qu’on juge injustement?

Saint-François a beaucoup critiqué le manque de pauvreté de l’Église. Il a par la suite été intégré par cette même église, sans par contre être écouté. Le Vatican est toujours aussi riche, et se trouve au dessus des pauvres qu’il devrait servir.

N’étant pas universelle car ne représentant pas l’ensemble de l’humanité, l’Église catholique ne peut conséquemment d’aucune façon se faire la porte-parole de Dieu, qui est en soi la totalité. Elle devra s’effondrer sur elle même pour que naisse la véritable église, celle qui ne sera pas une institution.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On a beaucoup parlé du Diable depuis deux millénaires. Or, loin d’être une véritable créature, Satan signifie en hébreux «l’Adversaire». L’adversaire est un concept, une force vivante, centrée sur la matière, qui nous éprouve, et ainsi nous fait avancer. C’est également l’attachement et le désir de ce monde et elle n’est mauvaise qu’en ce sens où elle nous garde attachée à des illusions.

Que des anges soient tombés et qu’ils soient devenus les anges du mal, je n’en sais rien, mais ce que je sais, c’est que l’adversité est présente sur la terre et souvent, il faut passer par elle pour avancer.

Par contre, en labourant la terre, nous permettons le début d’une nouvelle création. Tout est impermanence, les choses doivent être éprouvées par le feu, parfois détruites, afin qu’elles soient reconstruites d’une façon meilleure. S’il n’y avait pas de mal, il n’y aurait aucune façon de se perfectionner, de passer de quelque chose de brut jusqu’à quelque chose de poli et lisse.

Ainsi, le mal fait donc partie de l’unité des choses et sert à nous élever.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais lorsque nous souffrons, nous demandons: pourquoi la souffrance?

Dans la souffrance, comme nous sommes concentrés sur notre égo, nous ne voyons plus les choses dans leur ensemble. Nous voyons alors les choses tout en noir. Ce n’est pourtant que l’égo qui cause la souffrance et le cycle des désirs dans lequel il est pris, raison pour laquelle pour se rapprocher de l’unité, il convient de se défaire de l’égo.

Aussi absurde qu’elle puisse paraître lorsque nous la supportons, la souffrance a une raison d’être : nous creuser, nous élever, nous purifier.

La souffrance permet de nous éprouver, et ainsi, de nous dépasser.

La mort, celle que nous vivons au quotidien, permet au puits de l’être de devenir plus creux, de contenir beaucoup plus.

Mais en se détachant de son égo, on se détache à la fois de la souffrance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la mythologie judéo-chrétienne, l’homme a été chassé du jardin d’Éden après avoir mangé la pomme. Il y a dans cette fable une vérité: par son éternelle curiosité, ayant voulu tout savoir et tout expérimenter, l’homme s’est séparé de la nature où il vivait, pour vivre en société, où il est venu à se croire supérieur à la nature, aux bêtes, au point de ne plus faire attention à elle, elle(s) qui le nourrit pourtant. Or, nous faisons partie de notre environnement, de la totalité représentée par la nature, et il faudra peut-être réintégrer son essence dans nos vies afin de retrouver l’équilibre perdu.

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et que dire de l’enfer, du purgatoire et du paradis, ces lieux qui ont souvent servi à contrôler par la peur? L’Enfer n’est pas un lieu réel de soufre et de feu. Le purgatoire n’est pas réellement une tour ou une montagne. Le paradis n’est pas vraiment dans le ciel.

L’enfer, le purgatoire, sont mêlés aux choses de cette Terre. Ce ne sont pas des lieux en soi, ce sont des non-lieux.

L’Enfer n’est-il pas le cycle des désirs, ou l’homme est emprisonné sur la Terre? Le purgatoire ne constitue-t-il pas le fait de se libérer de l’orgueil, de prendre la voie de la douceur, d’être éprouvé pour se purifier? Le fait de faire la connection avec l’infini, de suivre sa voie et d’en sentir une joie immense ne constitue-t-il pas la porte du paradis?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et le monde, lui, d’où vient-il?

Il est en fait composé de reflets, car seule l’unité a une réalité. Le monde est la réflexion de l’âme universelle. Tout ce qui existe n’existe que pour notre passage. Dans ce monde, la matière n’est qu’une matrice.

 

Appelé Samsara par les Bouddhistes, les hommes sont pris dans le cycle du désir et de la souffrance, où nous revenons sans cesse, nous nous réincarnons à jamais, recyclés par la matière et le grand tout.

Aller vers le royaume du ciel est briser avec le cycle des désirs. Mourir dans sa chair nous fait naître au monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Or, que nous la voyions ou non, il existe une justice. Tout effet a une cause profonde. Tout ce qui se produit a un sens caché aux yeux. Le monde nous parle sans cesse par signes. Il faut savoir l’écouter.

Mais ce voile qui repose sur le monde devra un jour être soulevé.

Alors nous verrons ce qui se cache derrière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais que peut l’homme, déresponsabilisé face aux autres et face à la nature, ne pensant qu’à lui-même, cherchant sans cesse à dominer?

 

Que peut l’homme qui ne croit qu’aux forces de la matière, qui ne pense qu’au progrès et à s’enrichir, mais qui oublie d’aider les autres hommes à côté de lui qui souffrent?

 

Que peut l’homme qui détruit son environnement, qui n’écoute pas les cris des autres et du monde?

 

Il ne trouvera pas la voie de l’équilibre avant d’avoir frappé plusieurs murs.

 

Car il fonce, maintenant, sa monture le guide et le dirige droit vers le ravin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais vient un temps meilleur, tout au bout de l’épreuve.

Alors que l’homme se croira complètement seul face au désastre, voila qu’apparaîtra une lumière.

 

L’homme qui verra cette lumière aura appris qu’il faut écouter le monde qui lui parle depuis l’âme des choses.

Il saura qu’il faut protéger la vie et l’autre, que la liberté comporte le poids de la responsabilité.

Il réalisera que toutes les révélations viennent de la même source.

Il saura alors que toute action a son effet, que toute cause engendre.

C’est alors qu’elle viendra, l’Église de l’univers.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci dit, Église,

 

il est temps de descendre et laisser Dieu venir.

*

©François Baril Pelletier

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